Les années 70 devinrent difficiles pour la sidérurgie. La nécessité de loger le personnel disparut complètement. En 1971, la Société accepta les demandes d'achat des logements. En 1972, le Conseil d'Administration inscrivit sa volonté de se séparer entièrement de la Cité Jardin. La ville de Rehon accepta de classer ces rues et équipements dans la voirie communale. Les travaux de construction se poursuivirent intensément dans la plaine voisine. Avec leurs nouveaux propriétaires, les maisons des anciens quartiers changèrent de visage. Les garages s'ouvrirent dans chaque jardin et les logements furent repensés entièrement.

 

En 1960, la Sidérurgie était à son apogée dans le bassin de Longwy plus de 24 000 ouvriers, travaillaient dans les usines de : Longwy (Aciéries de Longwy et de la Chiers) ; Herserange (Senelle) ; Saulnes (Raty) ; Rehon (la Providence) et Villerupt.

 

En novembre 1976, « le Républicain Lorrain » annonce la suppression de 14 000 à 20 000 emplois et la négociation d'une convention de trois ans entre la Sidérurgie et l'Etat. Une fois encore, malgré les promesses, le capital sera vainqueur. Un siècle pour façonner un paysage et 30 ans pour réduire les effectifs à moins d'un millier d'ouvriers (837 en 1991).

 

En 1979, l'incompréhension se manifesta au regard des mesures qui frappaient gravement Usinor et épargnaient l'usine de Rehon. Le 12 janvier 1979, une grève générale toucha l'ensemble des usines pour protester contre la restructuration du bassin de Longwy. Le 23 mars 1979 eut lieu la première marche sur Paris (100 000 sidérurgistes). Rehon fut à l’arrêt complet suite aux rumeurs de transfert de la fabrication de la fonte des hauts fourneaux de la Providence vers ceux de Senelle. Le 19 décembre 1979 : Usinor absorba l’usine de Rehon et le 24 décembre, M. Lagier fut nommé directeur d’Usinor Longwy-Rehon. En 1980, l’emblème Providence disparut définitivement ; les effectifs d’Usinor (Longwy-Chiers-Rehon) 11 430 personnes devaientt être ramenés au 31 décembre 1979 à 6657 (pour Rehon : 1010 personnes profitant de la Convention de Protection Sociale en 1980).

 

1982 : ce fut l’année des mensonges et des trahisons se terminant dans la confusion et l’incertitude pour Rehon; mai 1983 vit la mise à mort des installations de Rehon et de Longwy programmée. La guerre des feuillards commença et marqua l’année 1984 : des rouleaux de feuillards furent déroulés dans les rues de Rehon et dans toute la région.

 

La guerre des feuillards et le château de la direction en flammes

Le château de la Direction, rue Virvaux, fut incendié dans la nuit du 4 au 5 avril 1984. Le 13 avril 1984, une grande marche intersyndicale à Paris rassembla plus de 60 000 personnes. A Rehon, le 19 avril 1984 : des rouleaux de feuillard furent projetés à partir du viaduc sur les voies S.N.C.F. Le 22 mai, Rehon fut paralysé par du feuillard déroulé dans les rues.

 

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